Retour sur les Rameaux

Publié le par CERCLE SAINT-PIERRE

En cette fin du temps Pascal, se terminant à la Pentecôte, faisons un retour sur les Rameaux. Merci à notre ami Maurice de nous avoir transmis ce texte.

L’une des fêtes les plus importantes pour les catholiques est la célébration de Pâques. Quarante jours avant, commence la période du Carême qui est jalonné de plusieurs célébrations, dont le dimanche des Rameaux qui a lieu une semaine avant Pâques.

Cette fête marque le début de la semaine sainte (soit la semaine qui précède Pâques). Elle est ponctuée par plusieurs autres moments forts : Le jeudi saint, le vendredi saint et le samedi saint, le dimanche de Pâques et le lundi de Pâques.

Concernant le dimanche des Rameaux, l’Église Catholique en France rappelle que l’origine de cette fête est : L’entrée de Jésus dans Jérusalem.

La fête des rameaux dont le nom liturgique est « Dimanche des Rameaux et de la Passion » Il est le dernier dimanche de Carême, celui qui précède Pâques.
Les Rameaux sont bénis, puis « On lit le récit évangélique de l’entrée messianique de Jésus ».

Ensuite, les fidèles forment une Procession, que l’Église Catholique en France définit comme une « Marche vers Pâques du peuple de Dieu à la suite du Christ ».
Après la messe, les rameaux sont ramenés traditionnellement, pour orner les crucifix dans les maisons et placés en Provence au-dessus de la porte d’entrée « Geste de vénération et de confiance dans le Christ »

Il est à noter que la date de Pâques change tous les ans.
C’est en 325, lors du concile de Nicée, premier concile œcuménique de l’histoire, qu’il a été décidé que le jour de Pâques tomberait le premier dimanche qui suit la pleine Lune, qui suit elle-même l’Équinoxe de printemps.
(L’équinoxe, c’est le moment où la durée du jour est égale à la durée de la nuit).

Revenons à la fête des Rameaux : Elle célèbre l’entrée de Jésus dans Jérusalem. Il est assis sur une ânesse que suit son ânon. Symbole d’humilité.
L’évangile selon Matthieu raconte :
L’lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent près de Bethphagé, au mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples en leur disant :
« Allez au village qui est en face de vous, vous trouverez alors une ânesse attachée avec son ânon près d'elle ; détachez-la et amenez-les-moi ! »
Il raconte aussi : Cela est arrivé pour que s'accomplisse ce qu'a dit le prophète :
« Dites à la fille de Sion : voici que ton roi vient à toi ; humble, il est monté sur une ânesse et un ânon les suit, petit d'une bête de somme. »

C'est un procédé que l'on retrouve souvent chez Matthieu qui veut absolument nous faire croire que Jésus est annoncé dans l'Ancien Testament.
Il reprend ici le livre de Zacharie (9, 9) :
Exulte avec force, fille de Sion !
Cris de joie, fille de Jérusalem !
Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur une ânesse.
Matthieu 21, 8
Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route ;
certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route.
Les foules qui marchaient devant lui et qui suivaient, criaient :
« Hosanna au fils de David !
Béni soit celui qui entre au nom du seigneur !
Hosanna au plus haut des cieux ! »

Arrivé de Jésus à Jérusalem par Gustave Doré

Les évangiles synoptiques évoquent seulement les Rameaux. L’évangile de Jean est plus précis : Jean 12, 12
La grande foule venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; Ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël ! »
Selon Jean, ce sont des rameaux de palmiers, des palmes. La phrase de l'Évangile de Jean est conforme à l'hébreu : Hosanna  ! C’est une imploration : Oh, sauve-nous.
Mais on ne dit pas : hosanna à....
C'est ainsi que s'exclamaient les Juifs, avec leurs rameaux composés de palmes, de myrtes mais surtout de saules. En revanche, ce n'est pas le cas de celui de Matthieu qui cite :
Hosanna au plus haut des cieux ! ou Hosanna au fils de David !

C’est pourquoi dans d’autres pays, on parle de « dimanche des Palmes ».
De même, en latin, la langue officielle de l'église catholique, ce jour porte le nom de Dominica in Palmis.

Les vêtements étendus sur le chemin représentent un signe de reconnaissance envers un homme choisi comme roi.
Ainsi, dans le second livre des Rois (9, 12), un prophète consacre Jéhu comme roi d'Israël ; il dit :
« Ainsi parle Yahvé : par cette onction, je te sacre roi d'Israël. »
Aussitôt, tous prirent leurs vêtements et les étendirent sous ses pieds, en haut des marches du temple, Ils sonnèrent du cor et crièrent : « Jéhu est roi ! »

Cette fête s'implante en Europe vers le VIIIe siècle : on se rend à l'église avec un rameau à la main. C'est une palme, un rameau de palmier ou un équivalent selon la végétation du lieu. En général il s'agit d'un rameau de buis, ou de laurier en Bretagne, en Provence et plus généralement en langue d’oc, Occitanie, c’est un rameau d’olivier. On appelle souvent ce dimanche Pâques fleuries car ce rameau de buis ou de laurier doit être fleuri. On disait aussi Pâques à buis en Picardie, ou bien Hosanna, Dimanche Ozannier dans le Limousin, Dimanche des Paumes en Lorraine (paume : variante de palme).
On décorait les croix de carrefour et des cimetières avec des rameaux : elle portait alors le nom de Croix Hosannière.
 Rabelais parle de la croix Hosannière et écrit, en note :
En poictevin est la croix ailleurs dicte Boysseliere, près laquelle au dimanche des Rameaux l'on chante. Osanna filio David etc.

On l'appelle aussi dans certaines régions croix Buisée, croix Boisée.
Par extension, les croix hosannières désignent les croix des cimetières.
Ces rameaux sont ensuite conservés plusieurs mois. Et le Mercredi des cendres, premier jour de Carême, on les brûle pour les réduire en cendres.

L'origine juive des Rameaux
Les rameaux de palmier et le mot Hosanna évoquent la fête juive des récoltes.
Les trois grandes fêtes juives sont :
 La Pâques, Pessah
 La fête des moissons ou fête des semaines, Shavout
50 jours après Pâques, (devenue La Pentecôte dans le christianisme)
 Souccot, fête de la récolte. Cette fête avait lieu à l’automne, après la récolte des olives, notamment.
Elle se célébrait sous des huttes de branchages, de Rameaux.

Hosanna  !
C'est ainsi que s'exclamaient les Juifs, avec leurs rameaux composés de palmes, de myrtes mais surtout de saules, en procession lors de la fête de Souccot.
En fait, ce cri reprend un verset du Psaume 118 (verset 25) Anna Adonaï (Yahvé) (hoshi-ah-nna) en hébreu : Sauver, être sauvé délivrer, libérer ; A ce verbe a été ajouté une valeur déprécative pour exprimer l’idée d’implorer. Ce qui pourrait se traduire ainsi : Sauve-nous, je t’en prie de grâce sauve nous, de grâce libère nous ! Qui était récité lors de la fête des cabanes
Ce verset a été ainsi traduit dans la Septante
Dans la vulgate : obsecro Dominé salva (Je vous en supplie Seigneur, sauvez-moi)
Dans la bible de Jérusalem : De grâce, Yahvé donne le salut !
Il est repris dans les évangiles : Béni soit celui qui entre au nom du seigneur, formez le cortège, rameaux en main !
Cette fête est présentée dans le Lévitique (23,39), il est dit : Le quinzième jour du septième mois, lorsque vous aurez récolté les produits de la terre, vous irez en pèlerinage fêter Yahvé pendant sept jours. Le premier et le huitième jour seront jours de repos.
Le premier jour vous prendrez de beaux fruits, des rameaux de palmier, des branches d'arbres touffus et de saules des torrents, et vous serez dans la joie pendant sept jours devant Yahvé votre Dieu.
Vous ferez ce pèlerinage pour fêter Yahvé sept jours par an. C'est une loi perpétuelle pour vos descendants. C'est au septième mois que vous célébrerez cette fête.
Vous habiterez sept jours sous des huttes. Tous les habitants d'Israël habiteront sous des huttes, afin que vos descendants sachent que j'ai fait habiter sous des huttes les enfants d'Israël lorsque je les ai fait sortir d'Égypte

Le septième jour et dernier jour de la fête de Souccot était appelé jour de Hoisha’a (ou Hosha’na rabbaah) Ce nom désignait aussi les Rameaux.
Le prénom Jésus (Yéshou ou yéshoua) est d’ailleurs formé avec la même racine. Le nom hébreu de Jésus est construit à partir de (Yahvé) et (yašaʿ) dont le salut est Yahvé.

Notre civilisation est intimement liée par la chrétienté et le catholicisme à l’histoire ancienne qui a forgé la voie de la foi de l’espérance et de la charité.

Maurice BOURRELLY

Publié dans Religion

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