La loi fin de vie

Publié le par CERCLE SAINT-PIERRE

Sur la loi fin de vie, une mobilisation catholique tous azimuts : « Non, l’Église ne se résigne pas »

Prières, manifestation, travail de plaidoyer auprès des autorités… Au fil des relectures du projet de loi sur la fin de vie, l’opposition de l’Église catholique contre l’euthanasie s’est accrue, mobilisant les croyants, à mesure que se rapprochait l’échéance législative.

Près de 4 000 personnes ont participé à la « grande manifestation contre l’euthanasie », dimanche 28 juin 2026 à Paris. Quentin de Groeve / Hans Lucas

« Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! » Ce 22 juin au Vatican, la mise en garde de Léon XIV rencontre un puissant écho devant une délégation de la Fondation Jérôme-Lejeune, engagée pour la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Dans son allocution, le pape encourageait les défenseurs de la vie à poursuivre leur engagement « auprès des pouvoirs publics » – des paroles reçues comme un appel à tenir bon, alors qu’à Paris s’ouvrait, le jour même, la troisième lecture du projet de loi sur la fin de vie à l’Assemblée nationale.

Ces dernières semaines, le spectre d’un vote efficient du texte, ce mardi 30 juin, ainsi que son éventuelle adoption définitive le 15 juillet, ont fédéré un regain de mobilisation chez les catholiques de France depuis le début des débats, il y a près de deux ans. Un élan qui s’est déployé sur des fronts distincts : chaînes de prière, plaidoyer institutionnel, descente dans la rue… Et qui n’a cessé de monter en puissance avant de se recalibrer, dans les derniers jours, sur des amendements plus précis dont les croyants espèrent encore pouvoir peser sur l’issue.

La force de la prière

Plusieurs jalons ont marqué cette montée au créneau. « Non, l’Église qui est en France ne se résigne pas ! », a martelé, sans ambiguïté, en ce sens le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, dans un entretien le 24 juin au Figaro. « L’ingérence serait intolérable, mais le silence serait lâche ! », a-t-il ajouté, en appelant à un réveil collectif devant les dérives observées, notamment dans les pays ayant déjà légiféré en ce sens.

Trois jours plus tôt, l’épiscopat avait lancé une neuvaine de prières, massivement relayée dans les diocèses français. « Depuis les premiers débats, les évêques ont tenu à rappeler avec force qu’on ne prend pas soin de la vie en y mettant un terme, mais en l’accompagnant avec attention, jusqu’au bout », appuyait alors la Conférence des évêques de France (CEF). S’il est difficile de mesurer la portée de la démarche, « celle-ci a vraiment touché de nombreux paroissiens », corroborait un prêtre des Hauts-de-Seine.

En ligne, l’opposition à la loi s’est aussi cristallisée autour d’une autre initiative, « Prie pour un député », lancée fin juin par l’application de prière Hozana. Sur le site Internet créé pour l’occasion, les fidèles ont accès au vote de chaque député et peuvent s’engager à prier pour ceux qui soutiennent le projet de loi. 113 priants pour Louis Boyard (LFI), 171 pour Sébastien Chenu (RN)… À la veille du vote décisif, plus de 44 000 fidèles avaient répondu à l’appel.

Un « projet fratricide »

Au-delà du registre spirituel, un travail – souvent plus discret – de plaidoyer de responsables religieux et d’associations (Les Éligibles, Alliance Vita…) s’est poursuivi ces dernières semaines auprès des parlementaires et des pouvoirs publics. « Monsieur le Président, il est encore temps de soustraire le projet fratricide du “droit à l’aide à mourir” », exhortait ainsi dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, le 25 juin, Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC). « Nous avons des contacts avec les députés hésitants, nous essayons jusqu’au bout de les accompagner », confirme-t-elle à La Croix.

Ultime levier, enfin : descendre dans la rue. Dimanche 28 juin, malgré la chaleur, ils étaient quelque 3 700 manifestants à participer à Paris à la « grande manifestation contre l’euthanasie ». Si celle-ci s’affichait bien comme « aconfessionnelle », de nombreux catholiques étaient présents. Il n’était ainsi pas étonnant de croiser des jeunes égrainant un chapelet, tandis que les interventions s’enchaînaient devant un écran géant flanqué du slogan « Tuer n’est pas soigner ». Parmi eux, beaucoup, à l’issue du rassemblement, se disaient prêts à se remobiliser si la loi passait.

Paul Bancaud

Source : LACROIX

Publié dans Religion

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