Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati
Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati seront canonisés le 7 septembre, par le pape Léon XIV.
Par Mikael Corre, envoyé spécial permanent à Rome.
Le Vatican a annoncé, vendredi 13 juin, que l’adolescent italien Carlo Acutis sera canonisé le 7 septembre, en même temps que Pier Giorgio Frassati. Ces deux futurs saints italiens, morts à 15 et 24 ans, illustrent le souci des papes actuels de proposer de nouveaux modèles aux jeunes.
La canonisation de Carlo Acutis, amorcée sous le pontificat de François, avait été retardée par sa mort, le 21 avril dernier. La nouvelle date « d’inscription au catalogue des saints » du jeune milanais décédé en 2006 a été décidée au cours d’un consistoire ordinaire public, présidé ce vendredi 13 juin par Léon XIV au Vatican. Neuf autres dates de canonisations ont été annoncées à cette occasion, dont celle de Pier Giorgio Frassati, déplacée pour coïncider avec celle de Carlo Acutis.
Le choix du pape Léon XIV de canoniser ensemble Carlo Acutis (1991–2006) et Pier Giorgio Frassati (1901–1925), tous les deux morts jeunes, à 15 et 24 ans, traduit une volonté claire de proposer aux jeunes catholiques du XXIᵉ siècle deux nouveaux modèles de sainteté. Une volonté déjà affichée par le pape François, qui avait annoncé en même temps les dates de leur canonisation le 20 novembre 2024. Carlo Acutis devait ainsi être canonisé par le pape argentin au terme du jubilé des adolescents, en mai 2025, tandis qu’il était prévu que Pier Giorgio Frassati le soit au terme de celui des jeunes, en août.
Modèle à l’ère numérique
Quel fut le parcours de ces deux futurs saints ? Carlo Acutis est né à Londres le 3 mai 1991, dans une famille italienne aisée, avant de grandir à Milan. Passionné d’informatique, autodidacte en programmation, il utilise ses compétences numériques pour évangéliser. Il réalise notamment un site Internet documentant les miracles eucharistiques à travers le monde. Le pape François, dans son exhortation Christus Vivit (2019), en parle comme d’un modèle pour éviter aux jeunes de se perdre dans l’univers numérique : « le jeune vénérable Carlo Acutis (…) savait que ces mécanismes de communication (…) peuvent être utilisés pour faire de nous des êtres endormis », écrit-il.
En 2006, à 15 ans, Carlo Acutis meurt brutalement d’une leucémie foudroyante, après avoir offert, selon ses biographes, ses souffrances « pour le pape et pour l’Église ». Deux miracles reconnus – au Brésil en 2013 et au Costa Rica en 2022 – ont conduit à sa béatification en 2020, puis à l’annonce de sa canonisation.
« Un jeune comme vous »
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Fils d’un diplomate fondateur du quotidien La Stampa et d’une artiste peintre, Pier Giorgio Frassati est né un siècle plus tôt que Carlo Acutis, à Turin, lui aussi dans un milieu aisé. Sensibilisé très tôt aux inégalités sociales, il s’engage dès l’adolescence dans l’aide aux personnes pauvres ou malades, en parallèle de ses études à l’École polytechnique. Un engagement social qu’il poursuit malgré l’arrivée de Mussolini au pouvoir en 1922. Il meurt trois ans plus tard d’une maladie contractée lors d’une visite dans un foyer précaire.
« Il était issu d’une famille aisée, de la classe moyenne supérieure, mais il n’a pas grandi dans la ouate, il ne s’est pas perdu dans la bonne vie, parce qu’en lui il y avait la sève de l’Esprit Saint », avait souligné à son sujet le pape François, en annonçant sa canonisation le 24 juin 2024. Dans une lettre adressée aux jeunes en 2005, Jean-Paul II, qui l’a béatifié en 1990 après reconnaissance de deux guérisons inexpliquées, écrivait : « Frassati était un jeune comme vous, épris de vie, de sport, d’amitié. Il a puisé dans l’Eucharistie la force de vivre en chrétien dans tous les milieux. »
Les autres futurs saints dont la date de canonisation a été annoncée ce 13 juin viennent de tous les continents. Six semaines après la double canonisation d’Acutis et de Frassati, le 19 octobre 2025, seront ainsi canonisés : l’évêque arménien catholique Ignace Choukrallah Maloyan, martyrisé en Turquie ; le laïc papouasien Peter To Rot, assassiné pour sa foi pendant la Seconde Guerre mondiale ; l’Italienne Vincenza Maria Poloni, fondatrice des Sœurs de la Miséricorde de Vérone ; la religieuse vénézuélienne Maria del Monte Carmelo Rendiles Martínez ; l’Italienne Maria Troncatti, missionnaire en Amazonie ; le médecin vénézuélien José Gregorio Hernández, très populaire en Amérique latine ; et enfin le laïc italien Bartolo Longo, ancien avocat converti, connu pour sa dévotion au rosaire.
Sources :LACROIX