Père Franz CAMENZIND

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UN NOUVEAU CURÉ À AURIOL

Choc pour les chrétiens d'Auriol : "Le Père BERTOCHI est nommé Recteur de Notre-Dame de la Garde. Un nouveau curé va nous arriver. Est-ce qu'il va continuer à accompagner nos morts au cimetière ? Est-ce qu'il va dire la messe dominicale à Moulin-de-Redon ? ... "Qui est-ce donc, ce nouveau curé ?

Mon nom : Franz CAMENZIND, le suggère déjà : je ne suis pas un provençal, je ne suis pas Français, pire, je ne suis même pas un européen, puisque je ne suis qu'un petit Suisse. "Petit", peut-être pas tellement de taille, sauf si on me compare au grand Hollandais qui est curé de Roquevaire et de Lascours.

Voilà donc quelques étapes de ma vie :

- Je suis né le 3 décembre 1927 en Suisse allemande, près de Lucerne, dans une famille de paysans. - 1946-1953 : études au séminaire des Missions Etrangères et à l'université de Fribourg en Suisse. - 1953 : je suis venu à Marseille avec l'intention de devenir Prêtre Ouvrier. Dernière année d'études théologiques au séminaire de Marseille. - 1954 : Ordination sacerdotale dans la cathédrale de Marseille. - 1954-1959 : vicaire à St-Pierre et St-Paul. - 1959-1963 : dans l'équipe des prêtres à St-Gabriel, paroisse de la Mission Ouvrière. - 1963 : Départ en Mission, dans un pays de l'Afrique anglophone qui s'appelait alors la Rhodésie-du-Sud, devenu le Zimbabwe en 1980.

Comme missionnaire, j'y suis resté pendant 25 ans, et j'y ai vécu toute l'évolution d'une colonie anglaise entièrement dominée par les blancs. Ce pays, en passant par la guerre de libération (1976-1980), est devenu un état africain indépendant avec un gouvernement noir qui se réclamait de l'idéologie marxiste-léniniste. Si, en 1988, je suis rentré en France, ce n'est pas parce que j'aurais eu assez de la vie missionnaire, mais simplement parce que j'étais le seul prêtre séculier blanc du Diocèse de Gweru, et que je ne savais pas si je pourrais rester dans le pays jusqu'à ma mort. S'il fallait un jour rentrer en Europe, - forcé par l'état de santé ou bien pour une raison de développement politique, - il valait mieux que ça se fasse, tant que j'étais capable de me réinsérer dans un travail pastoral, et l'âge de 60 ans que j'avais alors atteint, me semblait être la dernière limite pour m'y risquer.

- De retour dans le Diocèse de Marseille, j'ai d'abord été, pour quelques mois, dans l'équipe de prêtres de Ste-Marguerite. - A partir du mois de décembre 1988, jusqu'à septembre 1992, j'étais responsable de la paroisse de Camp-Major, dans le secteur d'Aubagne. - Depuis un an, j'ai aidé l'équipe pastorale de Saint-Sauveur à Aubagne, pensant que cela sera mon dernier poste.

Et voilà que le Diocèse de Marseille me propose de venir à Auriol.

Je ne connais rien d'Auriol, sauf quelques routes par lesquelles je passe de temps en temps en vélo, pour monter à la Saint-Baume, ou en Suisse. Sans aucune hésitation, j'ai accepté cette nouvelle proposition. Jusqu'à présent, tous les postes me sont tombés de cette manière : j'avais toujours tout à découvrir. En faisant confiance aux décisions de mes supérieurs, je n'ai jamais été déçu. Ce que j'ai accepté aveuglément, s'est toujours révélé, par la suite, comme chemin de la Providence. Je vous invite, chers Auriolais, à partager ma confiance.

Franz CAMENZIND Article paru dans « Auruou » n°31 - septembre 1993.

Il a quitté ce monde comme il a vécu, dans la paix et la confiance en Dieu.

Le Père Franz a été rappelé à Dieu le mercredi 11 décembre 2013 à Sempach, dans sa Suisse natale.

Publié dans La Paroisse

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